Sommaire (9 sections)
Vous êtes installé à Dubaï, à Tallinn ou à Lisbonne, et vous continuez à facturer des clients en France ou en Europe. Ce scénario est devenu banal pour des milliers d’entrepreneurs français expatriés. Mais il soulève des questions fiscales et juridiques qui peuvent coûter très cher si on les ignore.
Ce guide traite des règles de TVA applicables selon votre situation, des mentions obligatoires sur vos factures, et des outils concrets pour facturer proprement depuis l’étranger. Pour comprendre comment structurer votre entreprise dans ce contexte, consultez notre guide entrepreneur à l’étranger.
La question fondamentale : où est-on redevable de la TVA ?
La règle de base est souvent mal comprise : la TVA dépend du lieu de prestation ou de livraison, pas du pays d’établissement du prestataire. Les règles diffèrent significativement selon que vous facturez des entreprises (B2B) ou des particuliers (B2C).
TVA B2B : le principe de reverse charge
Quand vous facturez une entreprise assujettie à la TVA dans un autre pays de l’UE, le mécanisme d’autoliquidation (reverse charge) s’applique. Concrètement :
- Vous ne facturez pas de TVA. Votre facture est HT, avec la mention “Autoliquidation - TVA due par le preneur (article 283-2 CGI ou article 196 Directive 2006/112/CE du Conseil)”.
- Le client déclare et paie la TVA dans son propre pays, au taux local.
- Vous n’avez rien à reverser : vous êtes hors champ pour cette opération.
Ce mécanisme fonctionne entre pays UE, et aussi de manière similaire avec des clients établis hors UE (dans ce cas, la prestation est généralement hors TVA française par nature, mais les règles locales du client peuvent s’appliquer chez lui).
TVA B2C : le régime OSS
Si vous vendez à des particuliers (B2C) dans l’UE depuis votre société européenne, les règles sont plus complexes depuis la réforme de juillet 2021.
Le seuil unique de 10 000 euros s’applique à l’ensemble de vos ventes B2C cross-border dans l’UE. En dessous de ce seuil (cumul annuel), vous pouvez facturer avec la TVA de votre pays d’établissement. Au-dessus, vous devez appliquer la TVA du pays du client.
Pour éviter de vous enregistrer dans chaque pays européen, l’UE a créé le guichet unique OSS (One Stop Shop). Vous vous enregistrez dans un seul pays (celui de votre société), vous déclarez toutes vos ventes B2C UE via un formulaire unique, et l’administration redistribue la TVA aux États concernés.
Pour les ventes hors UE (B2C depuis une société non-européenne), le régime IOSS (Import One Stop Shop) s’applique aux biens de moins de 150 euros importés dans l’UE. Pour les services numériques facturés depuis l’étranger à des consommateurs européens, les règles varient pays par pays, et c’est un sujet qui nécessite souvent un conseil fiscal spécifique. Pour approfondir ces mécanismes, consultez notre guide sur la TVA et le e-commerce (OSS et IOSS).
Facturer des clients français depuis l’étranger : le risque de l’établissement stable
C’est LE sujet qui concentre le plus d’erreurs chez les entrepreneurs expatriés. Avoir des clients en France ne vous rend pas automatiquement redevable de l’IS en France, mais certains comportements peuvent créer ce qu’on appelle un “établissement stable”.
Qu’est-ce qu’un établissement stable ?
L’établissement stable (ES) est une installation fixe par laquelle une entreprise étrangère exerce tout ou partie de son activité en France. Il peut être :
- Un lieu fixe : bureau, atelier, chantier (si durée supérieure à 12 mois pour les chantiers)
- Un agent dépendant : une personne en France qui conclut des contrats au nom de votre société étrangère, dispose d’un stock, négocie les conditions…
- Une activité de direction : si vous continuez à gérer l’entreprise depuis la France (même si vous êtes officiellement à l’étranger)
Si l’administration fiscale qualifie votre activité d’établissement stable en France, votre société étrangère sera taxée en France sur les bénéfices qui lui sont attribuables. Le redressement peut être massif, avec pénalités et intérêts de retard.
Comment éviter l’établissement stable ?
- Cesser toute présence régulière et organisée en France (pas de bureau, pas de réunion régulière avec les clients depuis la France)
- Ne pas maintenir de stock ou de moyens de production en France
- Éviter qu’un employé ou sous-traitant français conclue des contrats en votre nom
- Documenter votre présence effective à l’étranger (contrats de bail, factures de vie courante, présence bancaire)
Un consultant qui vit à Dubaï 9 mois par an, qui n’a pas de bureau en France et dont les contrats sont signés depuis les EAU n’a en principe pas d’établissement stable en France, même s’il a 80% de clients français. Mais la ligne est fine et le contexte factuel compte énormément.
Les mentions obligatoires sur vos factures internationales
Une facture internationale doit respecter des règles précisées, sous peine d’être invalide pour votre client et de vous exposer à des sanctions. Voici ce qui doit apparaître.
Mentions toujours obligatoires
- Numéro de facture (séquentiel, unique)
- Date d’émission
- Identité complète du prestataire (nom/dénomination sociale, adresse, numéro d’immatriculation local)
- Identité complète du client (même chose)
- Description précise de la prestation ou du produit
- Prix unitaire HT, quantité, total HT
- Conditions de paiement (échéance, mode, pénalités de retard)
Mentions spécifiques aux transactions internationales
Numéro de TVA intracommunautaire : Si vous êtes une société établie dans l’UE, votre numéro de TVA (format FR + 11 chiffres pour une société française, EE + 9 chiffres pour une société estonienne, etc.) doit figurer sur la facture. Celui de votre client aussi, si la transaction est intra-UE B2B.
Mention d’autoliquidation : Sur une facture B2B intra-UE exonérée de TVA, la mention légale est indispensable : “Autoliquidation” ou en anglais “Reverse charge” suivi de la référence à l’article 196 de la Directive TVA européenne 2006/112/CE.
Mention hors-champ : Si la prestation est hors du champ d’application de la TVA (par exemple une prestation intellectuelle B2B facturée depuis hors UE à un client hors UE), il faut le mentionner explicitement.
Devise et taux de change : Si la facture est en devise étrangère, il est recommandé d’indiquer le taux de change de référence utilisé et/ou le montant en euros équivalents.
Cas concrets
Cas 1 : Freelance en Estonie, clients en France
Mika est développeur, il a créé une OÜ (SARL estonienne) et vit à Tallinn. Il facture 15 000 EUR/mois à 4 clients français, tous des entreprises assujetties à la TVA.
Facturation correcte : Factures HT depuis l’OÜ, avec numéro de TVA intracommunautaire estonien, mention “Autoliquidation / Reverse charge - Article 196 Directive 2006/112/CE”. Ses clients français déclarent la TVA en France via leur propre déclaration. Mika ne touche pas à la TVA.
Risque à surveiller : Si Mika passe plus de 183 jours en France par an ou utilise un bureau français pour travailler, l’administration pourrait qualifier son activité d’établissement stable en France.
Optimisation fiscale : Les bénéfices réinvestis dans l’OÜ ne sont pas imposés en Estonie (IS = 0% sur bénéfices non distribués). Mika ne paie l’IS estonien que quand il se verse des dividendes.
Cas 2 : Consultante à Dubaï, clients en Europe
Sara est consultante en stratégie, elle vit à Dubaï et a créé une LLC dans la zone franche DMCC. Elle facture des clients en France, Belgique et Suisse.
Facturation correcte : Factures depuis la LLC Dubaï, sans TVA (Dubaï n’est pas dans l’UE, pas de TVA applicable sur ses services). La mention sur la facture indique simplement que la prestation est hors TVA. Ses clients européens peuvent déduire la TVA qu’ils auraient normalement payée via le mécanisme d’autoliquidation s’ils sont assujettis.
Point d’attention : La Suisse n’est pas dans l’UE, et les règles de TVA suisses (TVA CH à 8,1% standard) peuvent s’appliquer chez le client suisse selon la nature de la prestation et son chiffre d’affaires. Sara doit vérifier avec son client suisse si une inscription à la TVA suisse est nécessaire.
Fiscalité : IS Dubaï = 9% sur bénéfices supérieurs à 375 000 AED. Sous ce seuil, les PME sont exonérées. Sara ne paie pas d’IR à Dubaï. Sa situation fiscale française doit être entièrement coupée (non-résidence fiscale France établie).
Règles spécifiques par pays destinataire
Les règles générales (reverse charge intra-UE, OSS pour le B2C) s’appliquent dans la plupart des cas. Mais certains pays ont des exigences locales supplémentaires sur les mentions de facture, les seuils d’enregistrement à la TVA ou le traitement des services numériques. Voici les points clés pour les quatre marchés les plus courants chez nos lecteurs.
Clients en France
Si vous facturez depuis l’étranger des clients assujettis en France (B2B) :
- Reverse charge : mention obligatoire “Autoliquidation — article 283-2 du CGI” ou “Reverse charge — article 196 Directive 2006/112/CE”.
- Numéro de TVA intracommunautaire de votre société et de votre client, tous deux obligatoires sur la facture.
- Pas de TVA à facturer : vous ne collectez pas la TVA française depuis votre société étrangère, sauf si vous êtes volontairement enregistré à la TVA en France (possible mais rare).
- Obligations de déclaration DEB/DES : si vous vendez des services à des assujettis français, vous pouvez être tenu de déclarer une DES (Déclaration Européenne de Services) si votre société est dans l’UE. Source : DGFiP, notice DES.
Clients au Royaume-Uni (post-Brexit)
Le Royaume-Uni n’est plus dans l’UE depuis le 1er janvier 2021. Les règles de TVA ont donc fondamentalement changé pour les prestations entre le Royaume-Uni et l’UE.
- B2B UK ← UE : le mécanisme applicable est le “reverse charge” britannique, régi par le HMRC (HM Revenue & Customs). Votre facture est émise sans TVA, avec la mention “VAT reverse charge applies” ou “Services subject to UK reverse charge — HMRC Notice 700/1”.
- Seuil d’enregistrement TVA UK : si vous avez des clients B2C au Royaume-Uni et dépassez 90 000 GBP de chiffre d’affaires annuel avec ces clients (seuil en vigueur en 2026 selon HMRC VAT thresholds), vous pouvez être tenu de vous enregistrer à la TVA britannique.
- Services numériques B2C : les fournisseurs de services numériques à des particuliers britanniques doivent appliquer la TVA UK (20% standard) dès le premier euro si leur chiffre d’affaires UK dépasse le seuil. Source : HMRC Notice 741A.
- Numéro de TVA UK : si votre société est enregistrée à la TVA au Royaume-Uni, le format est “GB” suivi de 9 chiffres.
- Devise : la livre sterling (GBP) est la devise de référence. Si vous facturez en euros, indiquez le taux de change utilisé.
Clients en Allemagne
L’Allemagne applique strictement les règles UE de TVA mais avec quelques particularités.
- B2B intra-UE : reverse charge standard. Mention obligatoire sur la facture en allemand ou en anglais : “Steuerschuldnerschaft des Leistungsempfängers” (littéralement : obligation fiscale du preneur de service). Source : Bundeszentralamt für Steuern (BZSt).
- Numéros à mentionner : votre Umsatzsteuer-Identifikationsnummer (USt-IdNr, format DE + 9 chiffres) et celle de votre client allemand, tous deux obligatoires pour la procédure de reverse charge.
- Finanzamt (administration fiscale locale) : si vous avez un volume important de clients B2C en Allemagne et dépassez le seuil OSS (10 000 euros cumulés de ventes B2C dans l’UE), enregistrez-vous via le guichet OSS de votre pays d’établissement plutôt qu’auprès du Finanzamt allemand.
- Mentions de retard : en Allemagne, les pénalités de retard légales (Verzugszinsen) sont de 9 points au-dessus du taux de base de la BCE pour les transactions B2B. Il est recommandé de les mentionner sur vos factures si vous vendez régulièrement à des clients allemands. Source : BGB § 288.
Clients aux Pays-Bas
Les Pays-Bas (Belastingdienst) appliquent les directives UE avec une certaine rigueur administrative.
- B2B intra-UE : reverse charge standard. Mention obligatoire : “Btw verlegd” (TVA transférée). Source : Belastingdienst — TVA sur les services internationaux.
- Numéro BTW : le numéro de TVA néerlandais (BTW-nummer) a le format NL + 9 chiffres + B + 2 chiffres. À mentionner sur votre facture si votre client vous le communique.
- Seuil d’enregistrement B2C : même seuil OSS de 10 000 euros UE. En dessous, vous pouvez facturer avec la TVA de votre pays d’établissement.
- Factures électroniques : les Pays-Bas avancent vers l’e-invoicing obligatoire pour les marchés publics. Si vous avez des clients gouvernementaux néerlandais, renseignez-vous sur le format PEPPOL.
Clients en Italie
L’Italie a ses propres spécificités, notamment la fattura elettronica obligatoire pour les transactions domestiques italiennes.
- B2B intra-UE : reverse charge standard. Mention : “Inversione contabile” ou “Reverse charge” selon la langue de la facture. Source : Agenzia delle Entrate.
- Facturation électronique (fattura elettronica) : si votre client est une société italienne, il peut vous demander d’émettre une facture électronique au format XML SDI (Sistema di Interscambio). Techniquement, cette obligation s’applique aux opérateurs établis en Italie. Pour les sociétés étrangères, une factura ordinaria papier ou PDF reste acceptable en B2B intra-UE. [À VÉRIFIER selon votre situation spécifique avec un expert comptable italien.]
- Seuil de représentation fiscale : si vous avez un volume significatif de ventes B2C en Italie dépassant le seuil OSS, l’enregistrement au guichet unique OSS est la solution recommandée pour éviter une représentation fiscale directe en Italie.
- Mentions de retard : en Italie, les intérêts de retard légaux pour les transactions B2B sont régis par le Décret législatif 231/2002 (transposition de la directive européenne sur les retards de paiement). Taux : taux BCE + 8 points.
Outils de facturation recommandés
Xolo (anciennement LeapIN)
Spécialisé dans les entrepreneurs utilisant une société estonienne e-Résidence. Xolo gère la comptabilité, les déclarations fiscales estoniennes, et génère des factures conformes aux règles européennes. Tarif : à partir de 79 EUR/mois.
Idéal pour : freelances et consultants avec OÜ estonienne.
Finom
Finom est une néobanque pro avec module de facturation intégré. Très adapté pour les sociétés européennes (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas). Il génère des factures conformes, gère la TVA et se connecte aux outils comptables. Tarif : à partir de 0 EUR (plan de base) avec options payantes.
Idéal pour : structures européennes cherchant simplicité et conformité.
Wise Business
Wise Business n’est pas un logiciel de facturation, mais son infrastructure de paiements internationaux est incontournable. Il permet de recevoir des paiements en plusieurs devises avec des frais très bas, et de convertir au taux réel. Très utile quand vos clients paient en GBP, USD ou CHF.
Idéal pour : tous les entrepreneurs internationaux, en complément d’un outil de facturation.
QuickBooks Online
La référence mondiale pour la comptabilité et facturation. QuickBooks gère les règles de TVA pour de nombreux pays, les rapports financiers, la réconciliation bancaire et les exports comptables. Tarif : à partir de 15 EUR/mois (plan Simple Start).
Idéal pour : structures avec volume de facturation élevé et besoin de reporting financier complet.
Les erreurs fréquentes et comment les éviter
Oublier le numéro de TVA intracommunautaire. Sans ce numéro sur la facture, votre client ne peut pas justifier l’autoliquidation auprès de son administration fiscale. La facture sera contestée ou rejetée.
Appliquer la TVA française depuis une société non française. Si vous facturez depuis une société estonienne, vous ne pouvez pas collecter la TVA française (sauf si vous êtes enregistré en France, ce qui est possible mais complexe). Une facture avec “TVA FR 20%” depuis une OÜ estonienne est incorrecte.
Négliger la conservation des preuves. Pour chaque facture internationale, conservez : preuve d’envoi, accusé de réception, preuve de paiement. En cas de contrôle, vous devrez prouver que la prestation a bien été effectuée et que la facturation correspond à une réalité économique.
Sous-estimer le risque d’établissement stable. Comme décrit plus haut, le fait de travailler “pour” des clients français depuis votre bureau parisien pendant vos visites en France, de recevoir du courrier professionnel en France, ou de déléguer la signature de contrats à un associé français sont des signaux d’alerte pour le fisc.
Ne pas adapter les mentions selon le pays du client. Les mentions obligatoires varient. Une facture envoyée en Suisse doit respecter les exigences suisses, au Royaume-Uni post-Brexit les règles UK de TVA s’appliquent. Mettez-vous au clair sur les obligations spécifiques de chaque marché où vous êtes actif.
Devises, taux de change et protection contre le risque de change
Facturer depuis l’étranger implique souvent de travailler en plusieurs devises. Un client français paie en euros, un client britannique en livres sterling, un client américain en dollars. Cette diversité crée des opportunités mais aussi des risques.
Quelle devise utiliser sur la facture ?
Il n’y a pas d’obligation légale d’émettre une facture dans une devise spécifique pour la plupart des transactions internationales. Vous pouvez facturer en euros, en dollars ou dans toute devise convenue avec votre client. Ce qui compte : la mention explicite de la devise sur la facture, et si nécessaire, le taux de change utilisé pour la conversion comptable.
Recommandation pratique : Facturez dans la devise de votre client pour simplifier la relation commerciale, mais gérez votre trésorerie dans votre devise principale. Les outils comme Wise Business ou Revolut Business permettent de recevoir des paiements en plusieurs devises sur des IBAN locaux (UK, US, EU) sans frais excessifs de conversion.
Les risques de change pour les contrats longs
Si vous avez des contrats de plusieurs mois libellés en devise étrangère, vous êtes exposé à la variation du taux de change. Un contrat de 100 000 USD signé quand 1 EUR = 1,05 USD vaut 95 238 EUR. Si l’euro se renforce à 1,15 USD avant le paiement, vous ne recevrez que 86 956 EUR, soit une perte de 8 300 EUR sans que rien n’ait changé dans votre prestation.
Solutions : Pour les contrats importants en devise étrangère, considérez des options simples de couverture (forward contracts) proposées par des plateformes comme Wise Business, Airwallex ou des banques pro. Certains entrepreneurs préfèrent simplement indexer leurs tarifs sur l’euro et facturer systématiquement en EUR, transférant le risque de change à leur client.
Impact comptable du change
Dans votre comptabilité, les factures en devises doivent être converties dans votre devise de référence (généralement l’euro si votre société est en zone euro) au taux du jour de l’opération. Les différences de change entre la date de facturation et la date de paiement constituent des gains ou pertes de change, qui sont comptabilisés séparément et peuvent avoir un impact fiscal.
Ce point technique mérite d’être évoqué avec votre comptable local, surtout si votre volume de transactions en devises étrangères est significatif (au-delà de 20-30% de votre CA).
Ce qu’il faut retenir pour facturer correctement depuis l’étranger
La facturation internationale n’est pas sorcier, mais elle requiert une rigueur que la facturation domestique ne demande pas. Les trois points critiques à retenir :
La TVA suit la nature de la transaction (B2B ou B2C) et la localisation du client, pas celle du prestataire. En B2B intra-UE, le reverse charge vous dispense de collecter la TVA. En B2C, l’OSS est votre meilleur ami pour simplifier les obligations multi-pays.
L’établissement stable est le risque le plus sous-estimé. Ce n’est pas parce que vous avez des clients français que vous êtes imposé en France, mais certains comportements peuvent créer cet établissement stable. Évaluez votre situation avec un fiscaliste avant de vous installer.
Vos factures doivent être irréprochables et documentées. Numéro de TVA, mentions d’autoliquidation, devise, conditions de paiement : chaque élément compte pour que votre client puisse utiliser votre facture dans sa propre comptabilité et que vous puissiez prouver la réalité de la prestation en cas de contrôle.
Pour en savoir plus sur la structure juridique optimale selon votre pays d’installation, explorez notre guide entrepreneur à l’étranger.
Vous ne savez pas encore quel pays choisir ?
Notre quiz analyse votre profil, vos priorités et votre budget pour vous recommander les destinations les plus adaptées.